lundi 22 mars 2010

2ème message, 1ère playlist, et mode d'emploi !


















Pardon, le premier texte était un peu long... L'envie d'expliquer un peu le projet de ce blog. Maintenant que c'est fait, envie d'échanger quelques titres de chansons avec ceux que ça intéressera : des petites musiques bien ficelées pour le retour triomphal du printemps (toute personne rajoutant l'adjectif "socialiste" à "retour triomphal du printemps" sera tenue seule responsable de cet amalgame... par ailleurs parfaitement pardonnable :-)

Où en étions-nous... ? Ah oui.

Alors voilà : j'ai envie de vous donner une petite playlist spéciale "22 mars de l'année 2010 - 19h35 - quasi-coucher de soleil sur Paris par grand beau".

Et en fait, je pense qu'il est plus pertinent d'inclure des listes sans lien (ou juste un lien en streaming) que de (faire semblant d'oublier qu'il n'est pas très cool de) jouer avec les règles et héberger les titres je-ne-sais-où pour pouvoir les glisser en téléchargement. Sorry, pas de ça ici : ce blog sera d'abord un petit exercice de l'écrit, et si je vous propose des listes de chansons, ce sera d'abord par le texte et le commentaire, en imaginant que chacun pourra ensuite se mitonner ses petites compiles audio en respectant les droits des musiciens, ou en allant écouter sur Spotify, Deezer ou ailleurs. Capito ? Je connais trop bien les conditions d'existences des petits labels et des artistes "indie" pour vous dire autre chose. Et zou.


Alors sinon, voilà... moi, aujourd'hui, j'ai eu très envie d'écouter ça.


1 - Broken Social Scene : 7/4 Shoreline (2005)
2 - Wave Machines : You say the stupidest things (2010)
3 - Musée Mécanique : Like home (2009)
4 - The New Radicals : You get what you give (1998)
5 - Kings of Convenience : 24-25 (2009)
6 - The Housemartins : Caravan of Love (John Peel session, ré-ed 2006)
7 - Luis Francesco Arena : Far from the coast (2010)
8 - The Bee Gees : How deep is your love (1977)
9 - MGMT : Flash Delerium (2010)
10 - Ann Arbor : People don't know (2009)

Et voici pourquoi...

1 - Parce que Broken Social Scene est le meilleur groupe du monde (en tout cas de mon monde) quand il s'agit de faire dialoguer des cordes de basse, de guitares, des cordes vocales aussi, dans une sorte de méli-mélo tellement entêtant que même Cécile Duflot, à côté, elle semble intelligible. Et puis un nouvel album de BSS (Forgiveness Rock Record) est annoncé pour le printemps, et comme après une première écoute, j'ai un peu peur qu'il soit décevant, je ré-écoute celui-là, magistral.
PS : deux morceaux du nouvel album sont en écoute ici, via Spin.

2 - Parce que comme Wave Machines, j'adore dire the stupidest things. Cette musique (de Liverpool) est joyeuse, elle part un peu dans tous les sens (disco tranquille, pop à guitares, musique de série télé), elle n'a peur de dire des sottises, et ça c'est bien. L'album sort le 12 avril, I think.

3 - Parce que même si la musique de Musée Mécanique a vraiment un petit air "premier de la classe" (tout est parfait, tout est bien rangé, ça connaît son petit Beatles-rencontre-Left Banke sur le bout des doigts), ben malgré ça, c'est simplement magnifique. Et notamment cette chanson. A écouter par exemple ici http://www.myspace.com/museemecanique

4 - Parce que l'Américain Gregg Alexander, à lui tout seul, c'est comme les Rolling Stones s'ils n'avaient pas vieilli. Un presque-tube d'il y a déjà douze ans, qu'on adorerait entendre à la radio aujourd'hui. Et quand je rentre en vélo chez moi le soir, j'écoute ça très fort, et je pédale plus vite et plus joyeux.

5 - J'ai mis du temps à aimer ce disque... Je le trouvais un peu simple au début, un peu pâlot (alors que j'adorais l'album précédent). Mais je savais qu'il finirait pas m'avoir, forcément. Ben voilà, c'est fait. Et cette douceur, cette mélancolie, est parfaite pour décélérer après deux kilomètres de New Radicals dans le casque.
PS : oh la jolie session acoustique...

6 - Parce que PERSONNE n'a jamais remplacé les Housemartins, grands vocalistes faussement naïfs. Personne ! Et Caravan of Love (ici dans une version John Peel session sur un double CD sorti l'an dernier) est un grand chant d'amour éternel.
(PS : ils avaient la classe, ils chantaient bien, ils étaient archi-engagés contre Thatcher, et leurs pochettes étaient magnifiques : c'était les Housemartins et chaque jour sans eux est une petite douleur).

7 - Malheur à celui, à celle, qui ne connaît pas le formidable Luis Francesco Arena, homme de goût et de courage, basé in the beautiful city of Tours, Loire Valley. Si vous poursuivez dans cette effronterie, cette injustice, et n'allez pas sur son MySpace ce soir, je vous envoie le pack du Quinze de France ré-organiser votre discothèque. Et je ne plaisante pas (je connais du monde en Ovalie).

8 - Parce que très profond est mon amour. Et que je tiens immédiatement à marquer mon territoire : ce blog ne sera pas qu'affaire de bon goût. (Et par ailleurs, désolé, mais cette chanson-là, dans l'autoradio, quand le soleil revient, elle est terrible mon vieux).

9 - Pourquoi MGMT ? Ben parce que ça y est, elle circule un peu partout, cette chansonnette printannière. Par exemple ICI en streaming ! Oui, c'est vrai, elle est franchement décevante par rapport à l'attente générale. Mais elle a un truc marrant, comme tout le début de l'album de MGMT (écouté quatre fois ces derniers jours, et petit à petit, je commence à y trouver mon compte) : elle me fait penser à l'époque C86, les grandes (petites) heures des Jasmine Minks et autres groupes de Creation, ou des micro-labels de l'époque.
Le début du disque (par exemple : "It's working") ressemble aux Chesterfields ou aux Razorcuts. Et puis bien sûr, il y a cette chanson à la gloire de Dan Treacy, le chanteur mabouloute des TV Personalities... Incroyable de penser que les plus grands et les plus branchés des flower-geeks des années 2000 finissantes ont en fait pour idoles des riquiqui-groupes que j'ai (tellement) vus et adorés il y a 25 ans... (bon, j'étais jeune, hein... faut pas se moquer... tiens, j'ai même fait la première partie de Dan Treacy et des TV Personnalitiés en 87 ou 88, moi - c'était à Tours, et JDB peut en témoigner, s'il n'a pas encore Alzheimer).

Et pour en savoir plus sur les TV Personalities, lire ici, sur AllMusicGuide (sur la photo, Dan Treacy est sur la droite).

10 - Pourquoi Ann Arbor ? Parce nous les avons rencontrés vendredi soir dernier à Bruxelles, et que leur musique est élégante, et que les Belges sont nos amis.



Le goût des accidents heureux

L'autre jour, au bureau, quelqu'un disait : "je trouve qu'on ne se donne pas assez le temps des accidents heureux." C'est à dire (je reprends son propos à mon compte) : qu'on ne prend pas assez souvent le risque de se tromper. De dévier, dans nos conversations, de se laisser porter par le fil du dialogue, pour qu'à un moment, comme par accident, surgisse quelque chose d'imprévu. 


Il parlait là de son travail de journaliste, de la vie collective dans une rédaction, mais évidemment, cette notion s'applique encore plus dès qu'on parle de création. Il se trouve que, dans mon "autre vie", celle de musicien, j'ai toujours cette idée en tête, justement. Laisser subvenir l'accident... Parce qu'il ne peut pas y avoir de vie artistique si tout est calculé, si on sors juste son GPS et attache sagement sa ceinture de sécurité. 


Au contraire, c'est en ne sachant pas trop où l'on va qu'on finit souvent par arriver dans un endroit (ou un envers) intéressant. Raison pour laquelle je me suis finalement dit, ces jours-ci, après deux ou trois ans à tourner vaguement autour de la question : et si j'écrivais un blog ? 


Pour voir ce qui peut advenir. Pour lancer des pistes, aux autres et aussi à moi-même. Formuler des choses, essayer de mettre des mots - sur la musique, sur ce qu'elle me fait/nous fait, sur la façon dont elle colore nos vies.


Ce ne sera pas (j'espère) un blog de journaliste spécialisé (sinon je l'aurais fait pour le site de Télérama). Ce ne sera pas non plus (j'espère bis) un blog de musicien obsédé par sa petite personne. Ce sera plutôt, j'espère, une sorte de journal perso ouvert aux autres, et qui me permettra peut-être de "fixer" des choses. 


Des instantanés qui me tombent dessus, depuis que j'ai retrouvé la vie des concerts (au sein de 49 Swimming Pools, avec mes grands amis Etienne et Fabien). Sur la route, quand on joue à St Brieuc ou à Bruxelles, on voit, on ressent, on entend des tas de choses. 


On rencontre aussi des gens, et avec eux, on parle de musique. Jusqu'à tard le soir. Par exemple à Lille, samedi soir, avec Loïc et Juliette. Autour de la petite table noire, dans la belle Péniche relookée black'n'roll où l'on vient de jouer deux heures plus tôt, l'évocation d'un disque de 1996 amène à reparler d'un concert de 1992, puis d'un autre, de dix concerts, et de dix groupes, et de vingt autres groupes. On croit tous se lancer dans une conversation de quelques minutes, puis on se retrouve embarqués dans un de ces dialogues "montagnes-russes" d'où surgissent des éclats, des désaccords, des plaidoyers, des applaudissements nostalgiques. Des accidents heureux, en somme. 


Aléatoire, vivant, pas très bien défini (du tout), voilà ce que j'essaierai de faire de ce blog.


J'y parlerai parfois de chansons qui me touchent, me stimulent, ou parfois même me terrassent (ainsi qu'a pu me terrasser à peu près toute l'oeuvre du géant Peter Milton Walsh, dont nous serons forcément appelés à nous reparler).


On pourra également s'échanger des liens, s'indiquer des articles, des lectures. Parfois aussi, j'écrirai des petites playlists en 10 disques ou chansons, pour maintenant ou plus tard. Et puis d'autres fois, quand le temps manquera, ce sera juste un nom, juste un titre, peut-être un bout de commentaire. Comme une bande-son du jour. 


Par exemple, aujourd'hui, ce serait cette merveille de chanson qui figure dans mon top 20 de tous les temps....


What's the morning for,

de THE APARMENTS (1985).


myspace.com/theapartments

Sur Wikipedia

Sur All Music Guide


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