mardi 1 février 2011

10 chansons (pacifiques) pour tout de suite - de Funeral Party à... Stromae.


















Je ne sais pas vous, mais moi je suis un peu scotché devant mon ordi et les news à la télé ces jours-ci... Incroyables, quand même, ces scènes de guérilla urbaine en Egypte. En espérant que ça cesse au plus vite et que le calme revienne. Peace on the streets of Cairo. Dans l'espoir que l'honni Moubarak aille vite se faire oublier dans un trou quelconque, voici dix preuves par le son et l'image (cliquez sur les liens) que la musique adoucit les mœurs. Avec un clin d'oeil - toujours humide - en direction des merveilleux Pale Fountains, dont je visitais le site web hier, avec le bonheur d'y trouver ce pastiche de la pochette de Pacific Street revisité par un artiste japonais. Cute, isn't it ?

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1 # Funeral Party, Relics to ruin (2011)
Ma chanson préférée du moment, et un groupe qui vit maintenant dans ma tête au quotidien. Parce que je ne me suis jamais remis de la claque At The Drive In (dans un genre de rock - cérébralo-débraillé, disons - que je fréquente pourtant assez peu) et parce que certaines chansons du premier album de ces Californiens baroques et brûlants (voir VIDEO) m'y font beaucoup penser... Parce que j'adore la voix de ce Chad Elliott (même s'il va falloir qu'il se calme un peu en concert (VIDEO), le petit gars !)... Parce que j'adore notamment la structure de la chanson Just because, l'arrivée céleste du couplet (la double-croche sur le charleston, l'absence de grosse caisse, l'énorme effet aérien Petite-Maison-dans-la-Prairie-où-pousse-de-la-bonne-beuh) que cette belle partition de batterie slacker apporte... Et plus encore, je suis dingue de cette autre chanson, vraiment sublime, Relics to ruin (écoute sur Deezer) (extraordinaire motif de batterie à l'entrée du refrain, à 0'47'', avec ce rythme suspendu et ce placement de voix très Radiohead). Les Strokes peuvent aller se planquer : ils paraissent bien sages à côté de tout ça (VIDEO) (mais voyons ce que donnera leur prochain single, annoncé pour le 9 février) ! Je pense en tout cas que je vais passer une bonne partie de l'année avec le disque de Funeral Party, qui remplira l'importante et louable fonction "cocktail de vitamines noisy-pop pour le matin". Incontournable.



2 # Shack, Comedy (1999)
Parce que Michael Head a la plus belle voix pop de tous les temps. Aux fidèles des Pale Fountains, pas besoin d'en dire plus. Aux autres, visite obligatoire sur le site des frères Michael et John Head. C'est par ici (SITE).



3 # The Wild Swans, Bringing home the ashes (1988)
C’est décidé, je parlerai d’eux aussi souvent que je le pourrai dans ce blog. Une des grandes injustices dans l’histoire pop-rock anglaise : The Wild Swans (de Liverpool, comme les Pale Fountains) auraient dû être aussi connus qu’Echo And The Bunnymen. Quelle classe, quelle charisme, quel sens de l’essentiel dans l’écriture de chansons qui furent souvent des hymnes, mais avec l’air de ne pas y toucher, une forme de distance très aristo cup-of-tea. Aurait pu servir de bande-son au film Another Country. Ce genre de classe - très classe. Voir ici leur site internet, avec l'annonce d'un nouvel album (le troisième seulement en vingt cinq ans !) prochainement. On s'en réjouit...

4 # Cascadeur,
Walker (early mix) (2010)
S’il y a une chanson de l’année écoulée que j’aurais aimé écrire (et chanter), c’est celle-là. La perfection mélodique (VIDEO). Je ne suis pas sûr de connaître le garçon, ou peut-être que si, une rencontre furtive du côté de Nancy il y a bien longtemps, du temps de Chelsea… Peu importe… Quand on écoute cette chanson, l’impression de se connaître déjà s’impose en quelques secondes. Une intimité voit le jour en trois notes. Respect.

5 # Musée Mécanique, Two friends like us (2009)
Juste pour dire que près de deux ans après sa sortie, je continue à écouter cette splendeur au moins une fois par semaine. Avec cette impression tristounette que beaucoup de gens sont passés à côté de ce disque, des fans de Midlake, par exemple, qui ne savent peut-être pas que ce joli disque d’automne est fait tout à fait pour eux. Ecriture supérieure et arrangements ad hoc, comme sur cette chanson (VIDEO), avec un seul petit regret : qu’à aucun moment le son ne monte vraiment.

6 # The Local Natives, Airplanes (2010)
Fasciné par le son élastique des Dodos, j’ai un peu tardé à vraiment m’intéresser aux Local Natives (voir par exemple cette VIDEO), leurs cousins de Silver Lake (Los Angeles). J’avais tort : on peut parfaitement adorer les deux groupes à la fois. Par contre, je me suis procuré l’album de 2006 de leur précédente incarnation (sous patronyme Cavil At Rest), et ce breuvage-là, à mon goût, n’était pas arrivé à maturité.

7 # The Close Lobsters, Pimps (1987)
Il y a plus de vingt ans déjà, les parents des Dodos ou des Locale Natives vivaient en Angleterre plutôt qu’aux Amériques. Dans la boutique jangly pop made in Great Britain des mid-eighties, quelque part entre les Bodines et leurs grosses Gibson demi-caisses et les June Brides à trompette extravertie, je raffolais plus encore du son des Close Lobsters. Frisson également quand je ré-écoute Never seen before (voir ici la VIDEO), morceau qu’auraient aussi pu écrire les fiers Wild Swans.

Nota bene @ Jean-Luc (dans les commentaires du blog précédent) : oui oui, j'ai beaucoup fréquenté la musique des Chesterfields et de 1000 Violins (Halcyon days, chanson bénie), qui étaient en pleine frénésie indie-pop quand j'habitais en Angleterre. On s'en parle prochainement... Et peut-être aussi des Jasmine Minks et de Laugh. Et aussi bien sûr des Brilliant Corners... et de leur trompette (allusion dans un autre commentaire, de pblua, celui-là, je crois).

8 # Feelies, I should be gone (2011)
Pas géniale, cette petite compo des Feelies. Mais bon, comme c'est la première chose qu'on entend de nouveau en vingt ans, j'y goûte quand même avec plaisir. En espérant que l'album annoncé pour avril (renaissance inespérée ?) de ces Américains des champs (à la ville) renoue avec les grandes mélodies blanches de leur glorieux passé sur les rives d'Hoboken...
http://www.thefeeliesweb.com/

9 # Whipping boy, When we were young (1995)
L’histoire officielle du rock gardera-t-elle une petite place pour Whipping Boy ? J’en doute un peu, hélas… Ce groupe irlandais au charisme bagarreur fut un peu, pourtant, une sorte de cousin sérieux des Frank And Walters, en légèrement plus corrosif (ce qui n'était pas bien compliqué, vu la candeur assumé des seconds). Le premier des trois albums de Whipping Boy (dont fut extrait cette chanson ici en VIDEO) se ré-écoute plutôt bien. Plus ou moins dans la même famille (rock arty et à vif), j'aime toujours aussi les Blue Aeroplanes ainsi que A House.

10 # Stromae, Alors on danse (2009)
Vous pensez que je plaisante/provoque/fais le malin ? Je vous assure que non. Cette chanson (VIDEO) m’impressionne vraiment. Vraiment. Vrai-ment. J’ignore dans combien de temps ce jeune Belge à la voix magistrale et aux textes proto-punk (traduisez tout ça en Anglais et vous aurez du Mark E. Smith - de The Fall) signera son vrai premier grand disque (dans deux ans, dans cinq ans ? Le temps de se libérer de cette electro cheap et d’oser s’entourer d’un groupe culotté ?), mais son talent, sans plus attendre, saute au visage. Se préparer à une carrière sur la durée... et aussi à danser de joie quand Moubarak aura enfin libéré son peuple, et compris qu'il faut qu'il dégaaaaaaage !? Allez, on y croit, on y croit !

PS : et juste pour rire le temps d'une parenthèse, ne surtout pas manquer le petit show vidéo de Stromae avec Jamel (mais comment auriez-vous pu passer à côté, hein) ?