jeudi 6 octobre 2011

Extension du domaine de la lutte... (et extinction du domaine de ce blog)


Chers lecteurs, chères lectrices,

Merci pour vos nombreux messages des dernières semaines, et vos lettres d'encouragements... ("bonjour Emmanuel, vous n'avez plus rien écrit depuis deux mois : êtes-vous MORT ?")

Non, je ne suis pas mort. Je suis même extrêmement vivant. Et en pleine forme, je vous rassure. Il se trouve juste que j'ai repris des activités musicales assez intenses depuis septembre, en plus évidemment de mon travail au quotidien, et que j'ai donc lâchement délaissé ce blog, faute de temps (et aussi un peu d'inspiration).

Et du coup, j'ai oublié de vous dire... alors voilà : en fait, je mets ce blog entre parenthèses. Pendant quelques mois, sans doute douze, peut-être un peu plus. Je trouve plus sain de ne rien dire des productions musicales du moment (même si ce n'était pas l'idée dominante de ce blog) pendant toute la période où je suis moi-même occupé sur ce terrain-là. En fait, si d'aventure vous voulez avoir des nouvelles de la partie de moi qui joue de la musique, c'est par ici qu'il faudra aller lire. Il y a aussi un compte Facebook ici (géré par l'excellent E.D).

Mais pour garder les cloisons bien étanches, cette "autre partie de moi" qui aime bien, de temps à autre, vous donner son avis sur les musiques (et les disques, les concerts) des autres, eh bien cette partie-là, elle, va s'imposer la sourdine quelques temps.

Voilà, je suis sûr que vous comprendrez, et à bientôt a tutti. Bye.

dimanche 31 juillet 2011

Playlist d'été : dix chansons pour s'aérer les orteils dans le sable chaud



Pas de blabla, des résultats. C'est l'été, vous voulez du bon son,
et vous voulez ça maintenant tout de suite. Alors voilà, c'est par ici, 10 petits bijoux estivaux, for your ears (and toes) only.


#1 Fruit Bats - The Ruminant band

Parce que leur nouvel album, qui sort dans quelques jours, pourait enfin apporter la reconnaissance à ces grands mélodistes américains (accessoirement dotés d'un sens de l'humour qui fait souvent défaut à leurs copains barbus en vogue). Et parce que ce morceau du disque précédent est ce qu’il y a de plus riche et intelligent à entendre actuellement du côté des guitares dans l'esprit Wilco-Midlake. Grands beaux motifs de 6-cordes au menu...


Et joie supplémentaire : on peut même écouter tout le nouvel album en streaming ici.




#2 Lana Del Rey - Video games
Parce que la jeune américaine, avec sa drôle de moue boudeuse et son air à jouer les femmes vénéneuses chez David Lynch, pourrait vite se faire un nom en lettres capitales. Début de buzz massif autour de Video games et sa mélodie tout sucre. Du talent brut, et un premier album qui ne devrait plus tarder à nous dire si la demoiselle ira loin (ou pas).



#3 The Shakes - You ain't alone








Pas de vidéo cette fois : il n'en existe pas. Mais un lien : cliquez, et Chryde, de la Blogothèque, vous expliquera tout (et bon sang, quel son !)


#4 Laura Marling - Sophia
Parce que c'est beau, parce que c'est doux, parce que sa voix tirerait des larmes à un cactus (et dire que la jeune anglaise n'a que 21 ans...) Un extrait de l'album à paraître en septembre.



#5 Team Me - Dear sister
Mes chouchous norvégiens, dont je vous parlais ici-même. Ce n'est pas leur meilleure chanson, et le clip est, comment dire, "home made". Mais comme carte de visite, ça fera l'affaire. Goutez par exemple aux jolis arrangements dans les aïgus, les carillons, les chœurs légers, jusqu'au déclenchement du superbe final (j'adore la transition à 2'30")... Leur excellent EP peut s'acheter ici (lien iTunes) : 3 euros 99 que vous ne risquez pas de regretter.



#6 Porcelain Raft - Gone blind
Pour le traitement du son, les effets sur les voix (un peu Flaming Lips, beaucoup MGMT). Pour la langueur récurrente et caressantes dans les chansons . Tiens, d'ailleurs, après cette nouveauté (sur un EP), vous devriez en profiter pour revoir aussi le clip de la superbe ballade Dragonfly.



#7 Club 8 - Jesus walks with me
Parce j'écoute beaucoup de musique nordique ces temps-ci (eux sont Suédois). Et parce que même si Jésus ne marche pas avec moi, cette chanson m'accompagne souvent. Et qu'un garçon et une fille qui font de la musique ensemble, ben c'est toujours touchant, quoi. Et même quand ça s'arrête.



#8 Damien Rice & Ingrid Olova - Cold water
Parce que... (lire ci-dessus, ça marche à nouveau). Damien Rice, vous connaissez. Ingrid Olova, sans doute pas, mais c'est une star en Norvège. Version en concert acoustique dans l'extraordinaire grotte du festival de Traena (en 2008), avec ce son de cathédrale qui vous glace les sangs. Grand.



#9 Blouse - Into black
Pour vous réchauffer un peu après cette parenthèse scandinave. Je ne sais pas grand chose de ce groupe de Portland, Oregon, sinon que cette jolie chose rétro-pop distinguée et un peu martiale est leur deuxième single, paru au printemps. Si vous avez des infos (ou une copie de l'album annoncé), faites tourner... Et si Leos Carax n'est pas au courant pour les images du clip, sans doute est-ce mieux de ne pas lui dire, non ?



#10 The Leisure Society - This phantom life
Parce qu'ils écrivent bien - simplement, mais bien (ce qui n'est pas donné à tout le monde). Et parce qu'ils viennent en tournée française en septembre. Et parce que ce clip est con à souhait.


Et sinon, vous, vous écoutez quoi, cet été ?
Bye.

jeudi 21 juillet 2011

C'est Noël en juillet, et votre cadeau s'appelle TEAM ME (Norvège)















J’ai écrit, pour le Télérama de cette semaine, une page sur l’incroyable festival de Traena : l’un des plus petits au monde, et le plus au Nord assurément, puisqu’il a pour cadre une sublime île de Norvège posée sur le cercle polaire. J’aurais facilement pu écrire quatre pages enthousiastes à mon retour de ces trois journées ; auquel cas j’aurais avec plaisir pris le temps d’insister sur le talent éclatant d’un tout jeune groupe norvégien que j’ai eu la chance d’y voir en concert, TEAM ME.

Dans le grand village global pop-rock, il est devenu de plus en plus rare de se sentir le témoin privilégié d’une éclosion : depuis l’avènement d’Internet comme média musical dominant, les groupes sortent à peine de l’œuf qu’ils sont déjà bons pour le service planétaire. Si un site comme Pitchfork vous tombe dessus (heureux destin, évidemment, qu’aucun groupe ne refuserait), vous pouvez très vite vous retrouver l’objet de ricochets médiatiques hallucinants, et vous retrouvez à la Une de sites ou dans les pages de magazines avant même d’avoir terminé votre premier album. TEAM ME va-t-il connaître pareil enchaînement de ricochets ? C’est possible. Probable même. Raison pour laquelle il était vraiment très plaisant de partager un morceau de nuit polaire avec eux, en ce mois de juillet 2011, à Traena. Avec le sentiment troublant d’entrer pour quelques heures dans leur petit monde de mélodies grandioses et de joie enfantine non retenue, non feinte.

TEAM ME n’a pour l’heure sorti qu’un EP de 5 titres. Une petite chose superbe, saisissante de maturité (dans la production du son, les parti-pris instrumentaux) et de candeur mélangées. Les voix mêlées (un garçon, une fille), les chœurs à gorge déployée dans les refrains, les mélodies aussi joyeusement et entièrement pop que possible, tout cela bâtit un corpus esthétique très solaire et très sonore, qui aurait pu faire mal aux yeux et aux oreilles si, du haut de leurs 25 printemps, ces six musiciens n’avaient eu la sagesse de s’en remettre à un producteur aîné qui a su faire le tri, a su les pousser à des choix et des traitements de sons courageux.

Sur ces cinq chansons très riches, il y a beaucoup de voix, beaucoup beaucoup d’instruments (tout y passe, des cordes aux carillons), mais pourtant le son d’ensemble, d’une éloquence rare, garde une impeccable cohérence. Leur apport à tous - instruments, voix, producteur - est si cohérent que j’en arrive à ce constat qui m’étonne moi-même : je ne crois pas avoir jamais entendu de EP auto-produit (ou produit, comme ici, par un petit label) aussi PARFAIT dans sa présentation.

En comparaison, I’m From Barcelona fait carrément de la peine (manque de souffle évident par rapport à Team Me, manque de beauté dans les instrumentations), et à l’autre bout de l’échiquier sonore, les Américains de Polyphonic Spree, souvent tellement exubérants, devraient aussi se pencher sur ce disque, véritable leçon d’équilibre - ou comment « en faire beaucoup sans jamais en faire trop ». D’autres références qui viennent à l’esprit : les Popguns (si cela vous parle) pour la concision mélodique, certains titres de Cardinal pour les harmonies, ou carrément Arcade Fire pour le souffle de certaines parties instrumentales.

Puisqu’il vous faut ce disque, voici le site du groupe, http://teamme.no/, et en quelques clics, vous trouverez le contact pour le commander. Le groupe y a aussi déposé quelques vidéos, et je suis sûr que vous allez aimer.











Et pour en savoir bientôt plus sur TEAM ME, vous ne manquerez évidemment pas de regarder, sous peu, le Concert A Emporter tourné sur place, à Traena, par les valeureux émissaires de la Blogothèque (j'en ai profité pour prendre ces photos). Un moment vraiment génial, sous le soleil de minuit, dans la lande servant de nid cotonneux aux campeurs festivaliers. Là, en version extrêmement light, TEAM ME brillait autant qu’en version amplifiée, deux heures plus tôt, sur la scène du festival.

Ces jeunes gens enregistrent actuellement leur premier album, à Oslo. Ils n’ont encore jamais joué en France (et seulement deux fois en Angleterre, où une nouvelle tournée s'annonce), mais je ne manquerai pas de vous alerter dès qu’un voyage dans le grand Sud de ce déjà-grand groupe du Nord commencera à prendre forme. D’ici là, procurez-vous ces cinq chansons au plus vite, and just enjoy.



vendredi 17 juin 2011

Twitter, mon amour, mon ennemi




Je vous dois des
excuses.
Oui, je sais.
Je merde.
Je vous suis infidèle.
Je n'ai rien écrit ici depuis longtemps, trop.
J'ai craqué pour Twitter.
Je sais, c'est mal.

Je ne me reconnais plus.
Au mieux, je reconnais mon adresse, @EmmanuelTellier.
Mais l'autre, le Emmanuel d'avant, je ne le reconnais plus.
Il est tout le temps sur Twitter.
Il lit, il circule, il re-twitte, il friday-follow, tout ça.
Il est super moderne.

Twitter, vous pouvez croire les journaux, est bel et bien une drogue.
Pour mon travail, c'est une excellente drogue (pour l'heure).

Très stimulante.
Pour mon autre vie (musicale), je ne sais pas encore.
Ce n'est ni bon ni mauvais, juste chronophage.

En tout cas, je vous le promets, dès que je retrouve le temps pour écrire quelque chose d'un peu conséquent, ce sera ici.

mardi 10 mai 2011

Sacrée soirée (ou pourquoi et comment Sufjan Stevens est notre ami pour la vie).














Amis d'hier et de demain, habitants de cette planète et de toutes les autres,

Je ne vais pas faire semblant de me lancer dans l'écriture d'un récit inédit sur ce qui restera sans doute comme "le-concert-de-l'année-et-si-tu-n'y-étais-pas-ben-tant-pis-pour-toi-c'est-trop-con".

Ce texte, je l'ai déjà écrit, et la vaillante entreprise de presse qui m'emploie me faisant la gentillesse et l'honneur de l'avoir d'ores et déjà publié, c'est un lien que je m'empresse ici de vous transmettre. Voilà, c'est ici, en cliquant là - oui oui c'est ça, ici, puisque je vous le dis.

Mais en résumé, ben oui, Sufjan Stevens, hier soir, c'était maboule, c'était royal, c'était beau, c'était grand. Lisez mon résumé pour en savoir plus. Et engueulez votre copine, ou votre copain, si il/elle vous a traîné à sa soirée bridge du lundi, hier soir. Mauvaise pioche.

Car oui c'était formidable. Moi qui, honnêtement, commençait à me demander où en était ce garçon, mon plus grand coup de foudre des années 2000 (et donc potentiellement aussi ma plus grande déception), j'ai passé une soirée parfaite... Même si je n'ai a priori aucune tendresse particulière pour les groupes à chorégraphie. Même si j'aurais aimé que Sufjan-le-doux joue davantage de chansons et nous déchire le coeur de sa voix d'amoureux éconduit. Même si les costumes argentés et les bandes de scotch fluo sur tout le corps arborés par Sufjan-le-danseur et de sa bande d'allumés sont, sur le papier, beaucoup moins à mon goût que les guitares vintage et les arpégés de ses chansons d'antan...

Pourtant, c'est ainsi : l'entertainer décomplexé de 2011 nous a sorti le grand jeu, et nous avons été des centaines à sortir de l'Olympia bluffés. Et rassurés sur son talent, sa vision, son culot.

Mon impartialité éditoriale étant par ailleurs tout aussi légendaire que les coups droits liftés d'Etienne Dutin le long de la ligne, j'en profite pour vous glisser aussi des liens vers...

l'article des Inrocks sur le même thème
et l'article de Magic, sur le même même thème.

Pour une fois qu'on a tous l'air d'accord... •


PS : l'illustration ci-dessus est de Royal Roberston et est tirée du livret de The Age of Adz.

dimanche 3 avril 2011

De l'art de se gratter le nez sur scène (et autres remarques délicates à propos d'une jeune fille)






Elle se dandine sur scène, pas très à l'aise, semblant parfois vouloir s'enfuir entre deux chansons - mais trop tard, elle est là, devant 200 personnes, au Café de la Danse, à Paris, et se sauver comme une voleuse, non, ça ne se fait pas.

Elle a mis sa drôle de petite robe à motifs, et laissé ses longs cheveux tomber sur ses épaules, et tant pis si ça lui donne un air étrange de vedette de cinéma muet. Elle cherche sa place, s'excuse presque d'être là, comme si elle était une petite cousine des Mama's and Papa's paumée dans une époque trop moderne pour elle, égarée à Paris, sans son papa, sans sa maman.

Elle est capable de se gratter le nez au milieu d'une chanson (et j'ai déjà essayé, ça n'est pas si simple !). Sa bouche, également, fait des trucs un peu bizarres. A la fin de certaines phrases, tout au bout de ces mélodies simples et gracieuses qui font la beauté de son album à paraître, cette drôle de bouche farceuse se tort sur le côté, et met un moment avant de retrouver son emplacement naturel. Ça me fait un peu penser à Christine Ockrent lorsqu'elle présentait le JT les jours de mauvais temps. Une mauvaise nouvelle, un drame dans le monde, et sa bouche se tordait. Pour Ockrent, passait encore. Pour une chanteuse de folk anglaise sans âge (la folk, pas la chanteuse), ça fait un peu désordre. Quoique.

Elle est seule sur scène, juste sa voix, sa guitare folk, sa drôle de robe à motifs, et sa trouille gigantesque. Elle est comme nue et le sait. Pas un bruit dans la salle.

Elle glisse quelques mots de français entre les chansons. Puis reparle en anglais. Des micro-phrases ponctuées d'un petit rire embarrassé. J'imagine qu'elle rougit à peu près toutes les 30 secondes, mais les lumières de la salle sur son visage font office de maquillage arrangeant.

Lorsqu'elle arrive au bout d'une des dix ou onze ballades interprétées avec toute l'intensité que son trac immense ne parvient pas totalement à bloquer, elle ponctue son exploit, aussitôt la dernière note accouchée, d'un tout petit... "ok..." qui s'adresse plus à elle même qu'à nous, le public. "Ok... Ok... Ok... Une de plus... Je vais y arriver... Je dois m'accrocher... Plus que trois chansons... Dans dix minutes, je serai dans ma loge, je boirai un verre d'eau... Ok... Ok... Ok..."

Ça y est, elle y est presque. Elle regarde sa montre pour savoir combien de temps il lui reste. Ça aussi, c'est un truc que les musiciens ne font jamais publiquement : regarder leur montre pour savoir de combien de minutes ils disposent encore. Grâce et naïveté mêlées, moment de justesse immense, trac encore, trac toujours. Elle remet son capo, pas très bien, mais ça ira. Et puis finalement, elle joue deux titres encore avant de quitter la scène sous une belle ovation. Elle met au moins une minute à partir, après avoir repris son petit sac à main posé au pied du micro. "Ok..........."

Elle s'appelle Alessi Laurent-Marke et n'a que 20 ans. Alessi's Ark est le nom sous lequel elle sort ses disques. Et malgré tout ce qui précède, ces sortes d'énormes anomalies cocasses (dans un monde du spectacle pop-rock tellement codifié) qui au final s'avèrent absolument charmantes, son album annoncé pour le 25 avril chez Bella Union/Cooperative Music est le disque que j'écoute le plus depuis deux semaines. Immature par endroits, maladroit et un peu monotone peut-être, mais tellement, tellement, tellement humain •

PS : Alessi's Ark jouait en première partie de John Grant, dont la fière quasi-perfection et l'éloquence devant la salle alors archi-comble m'ont finalement moins touché que les multiples petits défauts de la jeune anglaise.

vendredi 25 février 2011

William Fitzsimmons : l'ami des journées qui allongent


Oui je sais, ils sont parfois barbants, ces barbus d'Amérique. Et il y a de quoi s'y perdre, dans leur foisonnante pilosité ; de quoi les mélanger, les confondre, tous ces capitaines Haddock de la folk américaine, ces aventuriers au long cours (et au poil long), ces Josh T. Pearson et autres Iron & Wine.

Mais lui, là, je l'adore : William Fitzsimmons. Sans blague, sa musique est au poil. Depuis trois jours, je me suis lancé dans l'écoute approfondie, sur le fil du rasoir, d'une bonne trentaine de nouveautés en tous genres (rock). Et cette fois, même le Radiohead, vraiment âpre à la première écoute, ne sortait pas du lot (pas de doute, il va falloir l'écouter plusieurs fois, celui-là, pour en saisir vraiment les contours).

Par contre, voilà : vous mettez William Fitzsimmons dans votre platine disque, et soudain, tout s'éclaire, tout va mieux, tout s'adoucit. Le printemps montre même le bout de son nez.

Les amoureux de Timber Timbre vont peut-être se dire qu'en comparaison, cette voix-là est un peu sage, un peu fade. Assez Sufjan Stevens du versant acoustique, en fait. Mais peut-on reprocher à un grand verre de lait d'être trop frais ? Trop doux ?

Un peu plus tard dans l'album, après la douceur apaisée des premiers titres, un peu d'électronique minimaliste vient bâtir un frêle parquet rythmique, un peu comme chez Postal Service. Que des bonnes références.

Je ne connais pas ses albums précédents, je vais essayer d'en faire la joyeuse emplette pas plus tard que ce week-end. J'ai été surpris, comme vous le serez peut-être, de voir que sa page myspace comptabilisait des millions de titres écoutés ! What ? Cet homme-là et sa barbe seraient des stars indie outre-atlantique et on nous aurait rien dit ?
Mais que fait donc la diplomatie française ?

Mais ce qui m'a peut-être le plus étonné, dans ce que je découvre de lui aujourd'hui, c'est qu'il se présente comme "half time musician, half time psychotherapist". Wouah... moitié musicien, moitié psy. Joli partage. J'aurais peut-être dû faire ça, moi aussi...


http://www.williamfitzsimmons.com/
Sortie du nouvel album, Gold in the shadow, d'ici quelques jours.

samedi 12 février 2011

Dans la division "joie" (avec la participation active des Playmobil)


Pas besoin de commentaire.
Juste regarder.
Et se dire que décidément, les Playmobil sont nos amis.


J'aime particulièrement la voix de Tony Wilson (la vraie voix, le vrai texte) quand il a présenté Joy Division pour la toute première fois à la télévision. Enorme.

Allez, zou, je pars pour quelques jours à Berlin et reviendrai sur ce blog en fin de semaine. Bye bye everyone, bonnes vacances si vous avez la chance d'en prendre.

dimanche 6 février 2011

De l'importance de l'emballage - part 2. Le charme irrésistible d'une bonne pochette de disque bien pourrie...


J'aurais du mal à vous cacher mon amour des listes. Les classements, les petits tops en tous genres, les palmarès - si possible les plus crétins ou désuets possibles.

Là, ce site Smosh.com a fait très fort. Respect total. Un top 22 (pourquoi 22 ? Et pourquoi pas ? Ça se passe comme ça, chez les listomaniaques, on aime bien les chiffres un peu couillons...) de pochettes de disques assez parfaitement ridicules. 22 pochettes d'albums, donc, présentées comme les plus embarrassantes. Crétinerie magnifique. Que du bonheur.

Regardez ces quatre exemples. D'abord celle-ci. Puis trois autres.
































































































La classe mondiale, non ?

Pour voir les 22 chefs d'oeuvres au total, c'est par ici. 22 fois, j'en suis certain, vous frémirez de bonheur. Et c'est si simple, parfois, le bonheur...


mardi 1 février 2011

10 chansons (pacifiques) pour tout de suite - de Funeral Party à... Stromae.


















Je ne sais pas vous, mais moi je suis un peu scotché devant mon ordi et les news à la télé ces jours-ci... Incroyables, quand même, ces scènes de guérilla urbaine en Egypte. En espérant que ça cesse au plus vite et que le calme revienne. Peace on the streets of Cairo. Dans l'espoir que l'honni Moubarak aille vite se faire oublier dans un trou quelconque, voici dix preuves par le son et l'image (cliquez sur les liens) que la musique adoucit les mœurs. Avec un clin d'oeil - toujours humide - en direction des merveilleux Pale Fountains, dont je visitais le site web hier, avec le bonheur d'y trouver ce pastiche de la pochette de Pacific Street revisité par un artiste japonais. Cute, isn't it ?

* * * * * * *

1 # Funeral Party, Relics to ruin (2011)
Ma chanson préférée du moment, et un groupe qui vit maintenant dans ma tête au quotidien. Parce que je ne me suis jamais remis de la claque At The Drive In (dans un genre de rock - cérébralo-débraillé, disons - que je fréquente pourtant assez peu) et parce que certaines chansons du premier album de ces Californiens baroques et brûlants (voir VIDEO) m'y font beaucoup penser... Parce que j'adore la voix de ce Chad Elliott (même s'il va falloir qu'il se calme un peu en concert (VIDEO), le petit gars !)... Parce que j'adore notamment la structure de la chanson Just because, l'arrivée céleste du couplet (la double-croche sur le charleston, l'absence de grosse caisse, l'énorme effet aérien Petite-Maison-dans-la-Prairie-où-pousse-de-la-bonne-beuh) que cette belle partition de batterie slacker apporte... Et plus encore, je suis dingue de cette autre chanson, vraiment sublime, Relics to ruin (écoute sur Deezer) (extraordinaire motif de batterie à l'entrée du refrain, à 0'47'', avec ce rythme suspendu et ce placement de voix très Radiohead). Les Strokes peuvent aller se planquer : ils paraissent bien sages à côté de tout ça (VIDEO) (mais voyons ce que donnera leur prochain single, annoncé pour le 9 février) ! Je pense en tout cas que je vais passer une bonne partie de l'année avec le disque de Funeral Party, qui remplira l'importante et louable fonction "cocktail de vitamines noisy-pop pour le matin". Incontournable.



2 # Shack, Comedy (1999)
Parce que Michael Head a la plus belle voix pop de tous les temps. Aux fidèles des Pale Fountains, pas besoin d'en dire plus. Aux autres, visite obligatoire sur le site des frères Michael et John Head. C'est par ici (SITE).



3 # The Wild Swans, Bringing home the ashes (1988)
C’est décidé, je parlerai d’eux aussi souvent que je le pourrai dans ce blog. Une des grandes injustices dans l’histoire pop-rock anglaise : The Wild Swans (de Liverpool, comme les Pale Fountains) auraient dû être aussi connus qu’Echo And The Bunnymen. Quelle classe, quelle charisme, quel sens de l’essentiel dans l’écriture de chansons qui furent souvent des hymnes, mais avec l’air de ne pas y toucher, une forme de distance très aristo cup-of-tea. Aurait pu servir de bande-son au film Another Country. Ce genre de classe - très classe. Voir ici leur site internet, avec l'annonce d'un nouvel album (le troisième seulement en vingt cinq ans !) prochainement. On s'en réjouit...

4 # Cascadeur,
Walker (early mix) (2010)
S’il y a une chanson de l’année écoulée que j’aurais aimé écrire (et chanter), c’est celle-là. La perfection mélodique (VIDEO). Je ne suis pas sûr de connaître le garçon, ou peut-être que si, une rencontre furtive du côté de Nancy il y a bien longtemps, du temps de Chelsea… Peu importe… Quand on écoute cette chanson, l’impression de se connaître déjà s’impose en quelques secondes. Une intimité voit le jour en trois notes. Respect.

5 # Musée Mécanique, Two friends like us (2009)
Juste pour dire que près de deux ans après sa sortie, je continue à écouter cette splendeur au moins une fois par semaine. Avec cette impression tristounette que beaucoup de gens sont passés à côté de ce disque, des fans de Midlake, par exemple, qui ne savent peut-être pas que ce joli disque d’automne est fait tout à fait pour eux. Ecriture supérieure et arrangements ad hoc, comme sur cette chanson (VIDEO), avec un seul petit regret : qu’à aucun moment le son ne monte vraiment.

6 # The Local Natives, Airplanes (2010)
Fasciné par le son élastique des Dodos, j’ai un peu tardé à vraiment m’intéresser aux Local Natives (voir par exemple cette VIDEO), leurs cousins de Silver Lake (Los Angeles). J’avais tort : on peut parfaitement adorer les deux groupes à la fois. Par contre, je me suis procuré l’album de 2006 de leur précédente incarnation (sous patronyme Cavil At Rest), et ce breuvage-là, à mon goût, n’était pas arrivé à maturité.

7 # The Close Lobsters, Pimps (1987)
Il y a plus de vingt ans déjà, les parents des Dodos ou des Locale Natives vivaient en Angleterre plutôt qu’aux Amériques. Dans la boutique jangly pop made in Great Britain des mid-eighties, quelque part entre les Bodines et leurs grosses Gibson demi-caisses et les June Brides à trompette extravertie, je raffolais plus encore du son des Close Lobsters. Frisson également quand je ré-écoute Never seen before (voir ici la VIDEO), morceau qu’auraient aussi pu écrire les fiers Wild Swans.

Nota bene @ Jean-Luc (dans les commentaires du blog précédent) : oui oui, j'ai beaucoup fréquenté la musique des Chesterfields et de 1000 Violins (Halcyon days, chanson bénie), qui étaient en pleine frénésie indie-pop quand j'habitais en Angleterre. On s'en parle prochainement... Et peut-être aussi des Jasmine Minks et de Laugh. Et aussi bien sûr des Brilliant Corners... et de leur trompette (allusion dans un autre commentaire, de pblua, celui-là, je crois).

8 # Feelies, I should be gone (2011)
Pas géniale, cette petite compo des Feelies. Mais bon, comme c'est la première chose qu'on entend de nouveau en vingt ans, j'y goûte quand même avec plaisir. En espérant que l'album annoncé pour avril (renaissance inespérée ?) de ces Américains des champs (à la ville) renoue avec les grandes mélodies blanches de leur glorieux passé sur les rives d'Hoboken...
http://www.thefeeliesweb.com/

9 # Whipping boy, When we were young (1995)
L’histoire officielle du rock gardera-t-elle une petite place pour Whipping Boy ? J’en doute un peu, hélas… Ce groupe irlandais au charisme bagarreur fut un peu, pourtant, une sorte de cousin sérieux des Frank And Walters, en légèrement plus corrosif (ce qui n'était pas bien compliqué, vu la candeur assumé des seconds). Le premier des trois albums de Whipping Boy (dont fut extrait cette chanson ici en VIDEO) se ré-écoute plutôt bien. Plus ou moins dans la même famille (rock arty et à vif), j'aime toujours aussi les Blue Aeroplanes ainsi que A House.

10 # Stromae, Alors on danse (2009)
Vous pensez que je plaisante/provoque/fais le malin ? Je vous assure que non. Cette chanson (VIDEO) m’impressionne vraiment. Vraiment. Vrai-ment. J’ignore dans combien de temps ce jeune Belge à la voix magistrale et aux textes proto-punk (traduisez tout ça en Anglais et vous aurez du Mark E. Smith - de The Fall) signera son vrai premier grand disque (dans deux ans, dans cinq ans ? Le temps de se libérer de cette electro cheap et d’oser s’entourer d’un groupe culotté ?), mais son talent, sans plus attendre, saute au visage. Se préparer à une carrière sur la durée... et aussi à danser de joie quand Moubarak aura enfin libéré son peuple, et compris qu'il faut qu'il dégaaaaaaage !? Allez, on y croit, on y croit !

PS : et juste pour rire le temps d'une parenthèse, ne surtout pas manquer le petit show vidéo de Stromae avec Jamel (mais comment auriez-vous pu passer à côté, hein) ?